
ARTICLE 11
Mboté, c’est mpangi tetella pour un nouveau Kabula!
« Je suis, parce que Nous sommes »
Je suis de retour après quelques mois d’absence, comme l’indique le titre de cet article. J’ai pris le temps de faire ce que j’aime : voyager, profiter de ma famille et explorer mon île. Nous avons souvent été formatés pour suivre des programmes que nous n’avons pas choisis. Les routines qui rythment notre quotidien sont imposées par le système, nous obligeant à respecter des horaires qui ne nous appartiennent pas. Lorsque nous travaillons, nous devons nous conformer aux exigences de notre entreprise, et si nous avons des enfants, nous devons également tenir compte des horaires scolaires. Notre temps est ainsi occupé par des activités à des heures précises, ce qui peut devenir pesant.
On pourrait penser que les chefs d’entreprise jouissent d’une plus grande liberté en matière d’horaires, ce qui est vrai dans certains cas. Cependant, ils ont souvent d’autres obligations et responsabilités qui les contraignent à travailler alors qu’ils préféreraient s’adonner à d’autres activités. Étant originaire de la campagne, j’apprécie ce rythme de vie. Mon idéal serait de disposer de suffisamment de terres pour cultiver ma propre nourriture et de profiter du reste de mon temps pour faire ce que j’aime.
Aujourd’hui, j’ai un emploi, et je dois donc trouver des moments pour m’adonner à mes passions en dehors de mes heures de travail. Tout le monde n’est pas fait pour travailler huit heures par jour, cinq jours par semaine, ou pour effectuer des horaires de nuit, mais beaucoup ne s’en rendent pas compte. La majorité d’entre nous se plie à ce schéma, car nous avons besoin de notre emploi pour subvenir à nos besoins, souvent au détriment de notre rythme personnel, celui qui nous permettrait de nous épanouir pleinement.
Vivre à la campagne, c’est vivre au rythme de la nature, et c’est ce rythme qui me convient le mieux. Pendant plusieurs années, je n’avais pas d’emploi fixe, je cultivais mon jardin, je prenais le temps de lire et surtout d’observer, ce qui m’a conduit à des réflexions profondes sur moi-même et sur le monde qui m’entoure. Je vivais au rythme du soleil, et je n’avais aucune difficulté à me lever le matin, car je respectais mon horloge biologique.
J’ai pris le temps d’observer les effets de ces deux rythmes sur moi, à différents niveaux, afin de trouver un équilibre entre les deux en attendant d’atteindre mon idéal de vie. J’ai réalisé qu’il était vital pour moi de ne pas travailler toute la journée, car cela me semblait trop long et mon temps était mal utilisé. Je ne trouvais plus le temps pour les activités nécessaires à mon épanouissement, car soit je courais après le temps, soit, lorsque j’en avais, j’étais trop fatigué pour en profiter pleinement.
J’ai trouvé un équilibre grâce à l’aménagement de ma journée de travail, ce qui m’a permis de choisir mes horaires. Cela m’a redonné le contrôle sur mon quotidien : « Je peux prendre le temps », mon temps m’appartient à nouveau. En discutant avec mes amis de mes loisirs et du temps que j’alloue à mon bien-être, beaucoup d’entre eux me disent : « J’aimerais aussi pouvoir profiter, mais je n’ai pas le temps… ». Auparavant, j’argumentais pour les convaincre de l’importance de s’accorder du temps, mais j’ai compris que certaines personnes ne se sont jamais arrêtées pour réaliser que le rythme de vie est essentiel.
Certaines personnes s’épuisent en s’imposant un rythme de vie trop lourd, tandis que d’autres s’éteignent sans le savoir, car elles n’ont pas d’activités ou ne savent pas dans quoi s’investir pour trouver leur épanouissement. Je parle de ces deux types de personnes parce que j’ai expérimenté les deux. C’est en cultivant mon jardin que j’ai compris la nécessité d’avoir des activités sans être submergé par elles au point de ne plus avoir de temps pour ce que j’aime.
Au fond de nous, chacun sait que le but de la vie n’est pas de travailler pour accumuler des années en attendant la retraite, mais de vivre pleinement chaque instant. Je me considère chanceuse de vivre sur une île et d’être originaire de la campagne. J’ai toujours su que la ville n’était pas faite pour moi. Certains s’épanouissent en milieu urbain, et c’est très bien pour eux, tant qu’ils trouvent le temps de faire ce qu’ils aiment.
Nous sommes de passage sur cette terre, et chacun de nous est ici pour laisser une empreinte. Cependant, nous nous laissons souvent vampiriser par des systèmes qui nous empêchent de faire ce que nous aimons, et donc de nous épanouir pleinement, ce qui est, au fond, le but de notre existence. Si « MA-AMA WA NDOMBI » (la source) a mis le divin en chacun de nous, c’est pour que nous puissions l’exploiter afin d’apporter d’abord un plus à nous-mêmes, puis à notre environnement.
Prenons l’exemple de la naissance : le soleil se lève chaque matin comme s’il renaissait. Je ne connais personne qui ait pris le temps d’admirer ce spectacle sans en être touché. La naissance d’un enfant, que l’on soit parent ou proche, apporte de la joie. Voir une tige sortir de terre après avoir planté une graine procure toujours une satisfaction à celui qui l’a semée et à quiconque aime la vie. À notre naissance, nous apportons un plus par notre présence, que ce soit à la sage-femme, au médecin, à nos parents ou à la source elle-même, qui se réjouit toujours de son fruit.
Cependant, en grandissant, nous perdons souvent le fil, car nous avons tendance à suivre des schémas qui ne sont pas en accord avec notre épanouissement. Tout cela relève de nos choix, de notre volonté et de notre engagement à vivre en harmonie avec notre divin intérieur. Nous ne pouvons pas compter sur un système qui a besoin de nous vampiriser pour nous épanouir. Nous devons agir malgré lui, et pour cela, la source nous a dotés d’un caractère divin. Si nous prenons conscience de cela et de la responsabilité que nous avons envers nous-mêmes, nous devons alors chercher la source de notre épanouissement, tout comme la fleur recherche la lumière du soleil après la rosée du matin.
Matondo Ma-ama wa ndombi pour l’expérimentation.
Matondo à vous qui me lirez, Zola, zola, zola
Une réponse à « « Prendre le temps de faire ce que l’ on aime » »
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Mboté Mpangui 7c’est magnifique Matondo pour ce kabula précieux
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